Entretien

Entretien avec Amélie Collin, chargée des données de la recherche au Service commun de la documentation (SCD)

 

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? 

Amélie Collin : Ingénieure d’étude, j’ai intégré l’équipe du SCD – SARSO en septembre dernier en qualité de chargée des données. J’étais depuis 2016 en charge des collections HAL du Centre d’économie de la Sorbonne (CES – UMR8174) et de l’accompagnement des membres du laboratoire dans la gestion de leurs données de recherche. 

Qu’est-ce qu’une donnée de la recherche ? 

Amélie Collin : Les données de la recherche sont synonymes de "matériaux de recherche", c'est-à-dire l’ensemble des informations collectées, observées ou créées sous une forme numérique ou non pour un projet de recherche. Tous ces termes sont désormais rassemblés sous l'appellation générique "données de recherche".
Les chercheurs manipulent des données de nature et de provenance très diverses, comme celles issues de la statistique publique, de bases de données financières, d'entretiens, de sondages ou enquêtes, de réseaux sociaux ainsi que des archives, des corpus de textes, des images. 
Ces données doivent être collectées et/ou traitées en conformité avec le RGPD, stockées, archivées et peut-être partagées et diffusées. 
Dans le prolongement de l’accompagnement des économistes du CES dans l’accès ouvert à leurs publications, j’ai acquis progressivement une expertise de terrain sur le cycle de vie des données. Celle-ci m’a naturellement amenée à fournir de l’assistance à la rédaction de PGD aux membres du laboratoire. 

Mais qu’est-ce qu’un PGD ? 

Amélie Collin : L’acronyme PGD désigne le plan de gestion de données (DMP - data management plan en anglais). La plupart des financeurs (ANR, commission européenne, ...), conformément aux politiques publiques, demandent aux porteurs de projets de documenter dans le PGD la manière dont ils produisent, structurent, conservent et ouvrent les données du projet. L’objectif est de valider les résultats de la recherche, les reproduire, renforcer le lien entre la société civile et la recherche académique.
Le PGD, outil complémentaire dans la gestion des données de recherche, concourt à l’évolution du projet scientifique tout au long des étapes du parcours de soumission et de mise en œuvre.

Le Service de documentation propose t’il également une assistance à la rédaction de PGD ? 

Amélie Collin : Tout à fait. Mais pour cette rédaction de PGD et plus largement dans tout le champ de l’expertise numérique et de la science ouverte, tous les services en appui aux métiers de la recherche au sein de l’université collaborent en réseau pour apporter les meilleures réponses aux chercheurs.

Avez-vous des pistes à conseiller à qui voudrait en savoir plus ? 

Amélie Collin : De nombreuses ressources sont disponibles. Le guide sur les données de la recherche qui vient de paraître dans la collection des "Passeports pour la science ouverte" me semble être une excellente entrée en matière.  
En complément et depuis décembre 2023, le groupe de travail « Expertise numérique et science ouverte » composé des bibliothèques - BIU-Cujas, SCD-SARSO , BIS-SERVAL – et des services transversaux - DSIUN, DIREVAL, D2P, DGS-SERAC - initie la construction d'une offre de services d'appui aux projets de recherche pour les volets « numérique et données ».

Pour conclure, quelle est votre actualité Amélie ? 

Amélie Collin : En parallèle de cette offre de services mutualisés, l'université est engagée dans la création du dispositif CoDataSorb porté par le SCD et dont j’assure le pilotage opérationnel. Il vise la structuration de l’accompagnement des unités de recherche et des chercheurs sur les problématiques liées à la gestion des données de recherche. Ce dispositif s’inscrit dans le cadre d’une collaboration étroite avec l’université Sorbonne Nouvelle au sein de Sorbonne Alliance et en partenariat avec l'Humathèque du Campus Condorcet et la MSH Mondes. CoDataSorb s'articule autour de 4 modules : Data Base (module d'autoformation), Data Focus (ateliers thématiques construits avec les unités de recherche), Data Doct (formation des doctorants) et Data Back (retour d’expériences).

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Pour plus d’informations :
Gérer ses données de la recherche
> Contacter le groupe de travail du la science ouverte

Crédits photo : Sunder Muthukumaran sur Unsplash